Vous êtes tranquillement installé sur le canapé, et soudain votre chat se met à faire ces petits soubresauts saccadés, ponctués d’un « hic » discret. La première fois que ça m’est arrivé avec Isis, encore chaton, j’ai eu ce petit pincement au cœur : est-ce que ça lui fait mal ? Est-ce grave ?
Bonne nouvelle d’entrée de jeu : oui, les chats ont le hoquet, et dans la grande majorité des cas, c’est parfaitement bénin. Mais il existe une poignée de situations où ce petit hoquet mérite vraiment votre attention. On va apprendre à faire la différence, ensemble.
🐱 Pas le temps de lire ? Voilà ce qui compte, promis juré miaulé :
- Le hoquet chez le chat est presque toujours bénin : un mécanisme identique au nôtre, une contraction involontaire du diaphragme.
- Les trois causes les plus fréquentes : un chat qui mange trop vite, les boules de poils, le stress ou l’excitation.
- Très fréquent chez le chaton, plus rare et à surveiller davantage chez le chat adulte ou senior.
- Avant de chercher une cause, vérifiez que c’est bien un hoquet et non une toux, un éternuement inversé ou une boule de poils qui remonte.
- Quand s’inquiéter : un épisode de plus de 30 minutes, un hoquet qui dure au-delà de 24 à 48 h, ou des signes associés (vomissements, respiration difficile, léthargie).
- En prévention : gamelle anti-glouton, repas fractionnés, brossage régulier et bonne hydratation.
Hoquet, toux ou boule de poils : êtes-vous sûr que c’est un hoquet ?
Voici l’erreur que je vois tout le temps : on appelle « hoquet » à peu près tout ce qui ressemble à un spasme. Or chez le chat, plusieurs phénomènes se ressemblent et ne se valent pas du tout. Avant de chercher une cause, posez-vous une seule question : est-ce vraiment un hoquet ?
Un vrai hoquet est rythmé, régulier, sans détresse. Le chat reste détendu et continue de respirer normalement entre deux « hic ». Observez quelques secondes et comparez.
| Ce que vous observez | Ce dont il s’agit probablement |
|---|---|
| Petits sursauts rythmés, « hic » régulier, chat calme et détendu | Un vrai hoquet |
| Chat accroupi, cou tendu vers l’avant, sons rauques répétés | Une boule de poils qui remonte |
| Inspirations bruyantes et saccadées par le nez, tête figée | Un éternuement inversé |
| Toux sèche, position basse collée au sol, parfois sifflement | Une toux (asthme félin à surveiller) |
Cette distinction n’est pas un détail. Un hoquet vous fera sourire. Une toux récurrente ou un éternuement inversé fréquent justifient, eux, un avis vétérinaire. Si vous hésitez justement entre un hoquet et une vraie toux, apprenez à reconnaître si votre chat tousse vraiment : dans ce cas, l’effort vient du thorax et non du diaphragme.
😺 Bon à chavoir
Un chat ne « tousse » pas comme nous quand il s’étouffe un peu. La posture basse, cou tendu, qu’on prend pour de la toux, c’est souvent le grand classique : la boule de poils en route vers la sortie. Dans le doute, filmez la scène avec votre téléphone. Ça vaut mille descriptions face au vétérinaire.
Pourquoi votre chat a le hoquet : le mécanisme
Le mécanisme est exactement le même que chez vous. Le hoquet porte même un nom savant, la myoclonie phrénoglottique : une contraction brusque et involontaire du diaphragme, ce muscle en forme de coupole sous les poumons qui commande la respiration. Au même instant, la glotte, la petite valve au fond de la gorge, se ferme d’un coup. Ce choc produit le « hic » sonore.
Ces contractions partent d’une irritation des nerfs qui pilotent la respiration, notamment le nerf phrénique. Des travaux menés sur le chat ont même montré que le réflexe du hoquet passe par une branche du nerf glossopharyngien, à l’arrière de la gorge. Bref, c’est un réflexe nerveux complexe, pas une maladie en soi. Reste à savoir ce qui vient irriter ce circuit. Trois causes reviennent presque toujours.

Un chat qui mange trop vite : la cause n°1 du hoquet
C’est de loin la championne. Un chat qui se jette sur sa gamelle, par faim ou par rivalité avec un congénère, avale beaucoup d’air entre les bouchées. Cet air gonfle l’estomac, la distension appuie sur le diaphragme, et voilà le hoquet. Vous le verrez souvent juste après le repas.
Isis fait exactement ça quand je sers la pâtée trop tard : elle engloutit sa portion en trente secondes, et trois minutes plus tard, le petit « hic » est là. Le même mécanisme explique d’ailleurs pourquoi un chat qui mange trop vite finit parfois par régurgiter ses croquettes presque intactes.
Les boules de poils qui irritent l’œsophage
En faisant sa toilette, le chat avale des poils qui s’agglomèrent en trichobézoards, le mot savant pour « boules de poils ». Quand elles remontent, elles irritent l’œsophage et déclenchent des spasmes proches du hoquet.
C’est particulièrement vrai chez les races à poils longs et en pleine période de mue, quand la quantité de poils avalés grimpe d’un coup.
Stress, excitation et nourriture froide
Une grosse séance de jeu, une montée d’adrénaline, une émotion forte : tout ça bouscule le rythme respiratoire et peut suffire à déclencher le hoquet. Même chose pour une gamelle sortie tout droit du frigo, ou un passage brutal d’une pièce chaude à un endroit frais. Le changement de température fait parfois réagir le diaphragme.
Chaton ou chat adulte : l’âge change la lecture
Voilà un point que peu d’articles soulignent, et c’est dommage, car il change complètement la façon de lire la situation.
Chez le chaton, le hoquet est très fréquent et presque toujours sans gravité. Système digestif encore immature, gloutonnerie absolue, jeux survoltés : tous les ingrédients sont réunis. Oslo, petit, hoquetait régulièrement après ses repas, et ça partait toujours tout seul en deux minutes.
Chez le chat adulte ou senior, la lecture est différente. Un hoquet occasionnel reste anodin. Mais s’il apparaît soudainement chez un chat qui n’en avait jamais, devient fréquent, ou s’accompagne d’autres signes, cela mérite davantage d’attention. Pas une raison de paniquer, juste une raison d’observer de plus près.
Hoquet chez le chat : quand faut-il s’inquiéter ?
Un hoquet normal dure quelques minutes et part tout seul. Voici les situations où il faut, au contraire, décrocher le téléphone et appeler votre vétérinaire.
Les 6 signaux qui doivent vous alerter
- Un épisode qui dure plus de 30 minutes d’affilée
- Un hoquet qui persiste au-delà de 24 à 48 heures
- Plusieurs crises par jour, plusieurs jours de suite
- Des vomissements, une toux ou des difficultés à respirer associés
- De la léthargie, une perte d’appétit, un abattement inhabituel
- Le moindre doute sur un objet avalé (corps étranger)
Pourquoi cette prudence ? Parce qu’un hoquet anormalement long ou répété peut, plus rarement, être le signe visible d’autre chose : asthme félin, parasites intestinaux comme les ascaris, corps étranger coincé, troubles digestifs ou cardiaques. Le hoquet n’est alors qu’un symptôme, et c’est la cause derrière qu’il faut traiter.
Si vous repérez plusieurs de ces signes en même temps, c’est le moment de croiser avec les autres signes d’un chat malade et d’appeler votre vétérinaire sans attendre.
Que faire quand votre chat a le hoquet (et ce qu’il ne faut surtout pas faire)
Les bons réflexes à la maison
Pour un hoquet classique, le plus efficace est souvent de ne rien faire de spectaculaire. Laissez votre chat se calmer, proposez-lui de l’eau fraîche, et restez près de lui avec une voix posée.
Quelques caresses douces sur les flancs peuvent l’apaiser. Dans l’immense majorité des cas, tout rentre dans l’ordre en quelques minutes.
Ce qu’il faut absolument bannir
Oubliez tous les remèdes de grand-mère qu’on s’applique à nous-mêmes. Ne faites jamais peur à votre chat pour « couper » son hoquet, ne lui bouchez pas le nez, ne tentez aucune manœuvre qui gêne sa respiration.
Ces gestes sont au mieux inutiles, au pire dangereux et stressants pour lui. Un chat n’est pas un petit humain.
😺 Bon à chavoir
Le coup du verre d’eau bu la tête à l’envers ? Très efficace pour rater un selfie avec votre chat, beaucoup moins pour soigner son hoquet. La nature s’en occupe très bien toute seule.
Prévenir le hoquet : éviter les récidives
Si votre chat hoquette souvent après les repas, agissez sur la cause. Une gamelle anti-glouton, avec des reliefs qui forcent à ralentir, ou un tapis de léchage transforment le festin express en repas posé. Fractionnez aussi les portions en plusieurs petits repas dans la journée plutôt qu’une seule grosse gamelle.
L’endroit où vous posez la gamelle compte également, surtout dans un foyer à plusieurs chats où la rivalité pousse à manger vite. Quelques règles simples pour bien placer la gamelle de votre chat suffisent souvent à calmer le rythme.
Côté boules de poils, un brossage régulier réduit la quantité de poils avalés, et un peu d’herbe à chat aide à leur élimination naturelle. Veillez enfin à une bonne hydratation, c’est la base du confort digestif.
FAQ sur le hoquet du chat
Le hoquet fait-il mal à mon chat ?
Non, un hoquet bénin est indolore. Votre chat peut être légèrement surpris, mais il ne souffre pas.
Combien de temps dure un hoquet normal chez le chat ?
De quelques secondes à quelques minutes. Au-delà de 30 minutes, ou s’il revient sans cesse sur 24 à 48 h, consultez.
Un chat peut-il avoir le hoquet en dormant ?
Oui. Pendant le sommeil, de petits spasmes du diaphragme sont possibles, comme chez nous. C’est sans gravité.
Mon chaton a souvent le hoquet, est-ce grave ?
Le plus souvent non. C’est très courant chez le chaton glouton. Surveillez simplement la durée et l’appétit.
Hoquet et vomissements en même temps, que faire ?
Cette association n’est pas anodine. Contactez votre vétérinaire pour écarter un problème digestif ou un parasite.
Comment différencier le hoquet d’un éternuement inversé ?
Le hoquet est rythmé et régulier, gueule fermée. L’éternuement inversé, lui, est une série d’inspirations bruyantes par le nez, tête figée, qui donne l’impression que le chat aspire l’air. S’il se répète souvent, parlez-en au vétérinaire.

